Louis Carrogis de Carmontelle

 

Dans une très belle et rare édition de la "Corde Pincée", en complément de son ouvrage intitulé " les Clavecins" aux Editions Vecteurs - Paris, 1990,  Claude Mercier - Ythier, célèbre facteur parisien de la  rue de Verneuil , a publié  une série de  reproductions fac simile de onze aquarelles de Carmontelle représentant diverses personnalités du siècle des Lumières au   clavecin. Les instruments représentés sont pour   la plupart des clavecins du facteur Jean-Henry Hemsch.Afin de  visitercette galerie , il faut interroger les vignettes ...

 

Louis Carrogis, , est né à Paris en 1717.On ne sait rien de lui jusqu'à l'âge de 39 ans où on le retrouve, sous le nom de monsieur de Carmontelle, au service du duc d'Orléans , dans ses premières fonctions de dessinateur, lecteur et amuseur.
Pour distraire ses protecteurs durant les  longues périodes de garnisons durant  la "guerre en dentelles", il lève des plans militaires et caricature toute la dragonnaille de l'armée. De retour à Paris, il se distinguera dans la bonne société en faisant le portrait de toutes les célébrités du temps ( de délicieuses petites aquarelles où le sujet est toujours représenté de profil ). Ces portraits sont pour la plupart conservés aujourd'hui au musée Carnavalet à Paris et à celui de Chantilly. Les  plus connus étant ceux  qui représentent Rameau ou encore le petit Mozart au clavecin . Et c'est à Carmontelle que Voltaire commandera la fameuse gravure qui fera le tour de l'Europe pour la souscription en faveur de "la malheureuse famille Calas".Amuseur, il fera l'invention de ses "transparents",  machinerie ingénieuse, qui préfigure  les lanternes magiques et les dessins animés.
    Ce brillant autodidacte  connaîtra également  un succès croissant  avec  plusieurs centaines de Proverbes, véritables scénettes,  agrémentées parfois de couplets  retraçant  fidèlement des moments de la vie courante  et jouées principalement dans les salons aristocratiques; ces proverbes constituent  un miroir fidèle d'une société en déclin. Cette vogue des proverbes durera jusqu'au 19e siècle et Alfred de Musset s'en emparera ( "On ne badine pas avec l'amour", "Il ne faut jurer de rien", "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" ) allant même dans "On ne saurait penser à tout " jusqu'à emprunter presque mot pour mot certaines scènes du "Distrait" de Carmontelle. A la mort du duc d'Orléans, notre homme  passe au service de son fils, le futur  Philippe- Egalité pour qui il dessina les plans du parc Monceau à Paris. Carmontelle traversa sans être inquiété aucunement   la tourmente révolutionnaire  et mourut sous  l'Empire en décembre 1806.
   
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